Sport auto

Ferrari 599 GTO : histoire, fiche technique et cote d’une légende

Maxime Laurent
Rédaction éditoriale
3 September 2026 7 min de lecture

La Ferrari 599 GTO n’est pas une Ferrari comme les autres. Présentée en 2010, elle reprend trois lettres sacrées de Maranello et les pose sur une berlinette dérivée d’un programme de piste. Le résultat : la Ferrari de route la plus performante de son époque, produite en très petit nombre et devenue depuis une pièce de collection convoitée. Voici, sans détour, ce qui fait sa légende.

Pour aller à l’essentiel, retenez ces repères avant d’entrer dans le détail :

  • Année : dévoilée en 2010, sur la base de la 599 GTB Fiorano.
  • Moteur : V12 atmosphérique de 6.0 litres, environ 670 ch.
  • Origine : héritière directe de la 599XX, laboratoire roulant réservé à la piste.
  • Transmission : boîte séquentielle F1 pilotée aux palettes, changements de rapport quasi instantanés.
  • Production : limitée à 599 exemplaires.
  • Statut actuel : voiture de collection recherchée, dont la cote s’apprécie.

De la 599 GTB Fiorano à la 599 GTO : une filiation de piste

Pour comprendre la 599 GTO, il faut remonter à la 599 GTB Fiorano, le grand coupé à moteur V12 avant que Ferrari commercialisait depuis 2006. Cette base servait déjà de vitrine technologique. Ferrari en tira une version radicale et exclusivement destinée au circuit : la 599XX. Non homologuée pour la route, produite à une poignée d’exemplaires et réservée à des clients triés sur le volet, cette 599XX faisait office de laboratoire à ciel ouvert pour l’aérodynamique active, l’électronique de contrôle et la gestion des pneumatiques.

La 599 GTO est née de ce va-et-vient entre la piste et la route. Elle reprend une large part des enseignements de la 599XX puis les traduit dans une auto immatriculable. On y retrouve un travail approfondi sur l’aérodynamique, un allègement méthodique et une électronique héritée de la compétition. En clair : ce n’est pas une 599 GTB simplement gonflée mais une interprétation plus tranchante, plus légère et plus rapide du même thème.

Un V12 atmosphérique de 6.0 litres et environ 670 ch

Au cœur de la 599 GTO bat un V12 atmosphérique de 6.0 litres, issu de la grande famille des douze cylindres de Maranello. Sa puissance avoisine les 670 ch, atteints à un régime très élevé, ce qui trahit sa filiation avec les moteurs de course. Le couple, de l’ordre de 620 Nm, se déploie haut dans les tours et invite à exploiter toute la plage de régime.

Ce qui marque, ce n’est pas seulement la puissance mais la philosophie atmosphérique. Aucun turbo pour gonfler artificiellement le couple : la montée en puissance reste linéaire, la réponse à l’accélérateur immédiate et la sonorité, dans les tours, demeure l’une des plus enivrantes jamais produites par un V12 de route. À l’heure où la suralimentation puis l’hybridation se sont généralisées, cette approche donne à la 599 GTO une saveur devenue rare.

Boîte F1 et performances : le sommet de son époque

La 599 GTO reçoit une boîte séquentielle F1, commandée aux palettes derrière le volant. Directement issue de l’expérience de Ferrari en compétition, elle enchaîne les rapports avec une vivacité qui, à sa sortie, comptait parmi les plus rapides du marché. Associée au V12, elle offre des performances de tout premier plan.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes, dans les grandes largeurs : le 0 à 100 km/h est expédié en un peu plus de 3 secondes et la vitesse de pointe dépasse largement les 335 km/h. Surtout, la 599 GTO a signé sur le circuit d’essai maison de Fiorano un temps au tour qui la plaçait devant l’Enzo, la supercar reine de Ferrari des années 2000. Pour une berlinette de route, la performance était retentissante et elle a durablement marqué les esprits.

GTO : une lignée qui remonte à la 250

Trois lettres, une immense responsabilité. Le sigle GTO, pour Gran Turismo Omologata, ne s’emploie qu’avec parcimonie chez Ferrari. Avant la 599, deux modèles seulement l’avaient porté :

  • La 250 GTO (1962), icône absolue née pour la compétition et aujourd’hui l’une des automobiles les plus chères du monde.
  • La 288 GTO (1984), coupé de route à moteur central turbocompressé, pensé dans l’esprit des courses du Groupe B.

En reprenant ce sigle en 2010, la 599 GTO s’inscrivait donc dans une filiation prestigieuse et rare. Elle a aussi préparé le terrain de la lignée moderne des grands V12 à moteur avant de Maranello, dont la 812 Superfast puis Competizione constituent les héritières spirituelles. Porter le nom GTO, chez Ferrari, revient à endosser un héritage de course : la 599 en avait les moyens.

Une production limitée à 599 exemplaires

Le chiffre a valeur de clin d’œil : Ferrari a limité la production de la 599 GTO à 599 exemplaires. Cette rareté organisée, courante sur les séries spéciales de la marque, a immédiatement placé la voiture dans la catégorie des objets de collection. Chaque exemplaire pouvait de surcroît être personnalisé via le programme sur-mesure de Ferrari, ce qui rend les configurations très variées d’une auto à l’autre.

Cette production confidentielle explique en grande partie le statut actuel du modèle. Une berlinette à V12 atmosphérique, dérivée d’une voiture de piste et produite en série très limitée : tous les ingrédients d’une future collection étaient réunis dès le premier jour.

Que vaut la Ferrari 599 GTO aujourd’hui ?

Sur le marché de la collection, la cote de la 599 GTO s’est nettement appréciée depuis sa sortie. Vendue neuve autour de 300 000 euros, elle s’échange aujourd’hui bien au-delà, les meilleurs exemplaires atteignant plusieurs centaines de milliers d’euros et franchissant parfois le million pour les autos rares ou faiblement kilométrées. Ces ordres de grandeur varient selon l’année, le kilométrage, l’historique et la configuration.

Plusieurs facteurs soutiennent cette valeur :

  • La rareté, avec seulement 599 exemplaires.
  • Le moteur atmosphérique, aujourd’hui une espèce en voie de disparition.
  • La filiation de piste avec la 599XX et le prestige du sigle GTO.
  • Un historique d’entretien suivi, déterminant sur ce type d’auto.

Les erreurs à éviter avant d’acheter

Convoiter une 599 GTO est une chose, en acheter une bonne en est une autre. Quelques pièges méritent votre attention :

  • Négliger l’historique : sur une Ferrari de cette valeur, un carnet d’entretien complet et des factures traçables valent de l’or.
  • Sous-estimer l’entretien : le V12 et sa périphérie exigent un suivi rigoureux en réseau spécialisé, dont le coût n’a rien d’anecdotique.
  • Oublier la traçabilité : une provenance limpide et, le cas échéant, une certification d’authenticité renforcent nettement la valeur à la revente.
  • Confondre rareté et liquidité : une auto rare ne se revend pas toujours vite, il faut viser la bonne configuration et savoir patienter.

Les questions fréquentes

La cote de la Ferrari 599 GTO monte-t-elle ?

Oui, dans les grandes lignes. Portée par sa rareté et par la raréfaction des V12 atmosphériques, la 599 GTO fait partie des Ferrari modernes dont la valeur s’est appréciée depuis leur sortie. Les écarts restent toutefois importants selon l’état, l’historique et la configuration de chaque exemplaire.

Combien d’exemplaires de la 599 GTO ont été produits ?

La production a été limitée à 599 exemplaires, un chiffre choisi en écho au nom du modèle. Cette confidentialité participe directement à son statut de collection.

Quelle est la différence entre la 599 GTO et la 599XX ?

La 599XX est un modèle exclusivement destiné à la piste, non homologué pour la route et produit en très petit nombre. La 599 GTO en est la déclinaison immatriculable, qui reprend une partie de ses enseignements tout en restant utilisable sur route ouverte.

La Ferrari 599 GTO est-elle un bon investissement ?

Elle réunit des critères recherchés : rareté, moteur atmosphérique et filiation de course. Pour autant, un placement automobile reste soumis aux aléas du marché, aux coûts d’entretien et à la qualité de l’exemplaire. Un achat réfléchi, sur une auto au bon historique, compte davantage que le seul pari sur la hausse.

Pourquoi la 599 GTO porte-t-elle le sigle GTO ?

Le sigle GTO (Gran Turismo Omologata) est réservé chez Ferrari à des modèles d’exception. Avant elle, seules la 250 GTO et la 288 GTO l’avaient porté. La 599 GTO revendique cette filiation par ses performances et par son lien étroit avec la compétition.

À propos de l'auteur
Maxime Laurent

Notre équipe partage des contenus pour les parents et professionnels de la petite enfance.

À lire aussi dans Sport auto

Continuer votre lecture sur cette thématique.

Pas envie de rater un article ?

Recevez nos meilleurs contenus chaque semaine, directement dans votre boîte mail. Sans spam.

Scroll to Top